Dominique Lambert

2004-2010

edition of 2 + 1 AP

twenty-one unfoldable books

(paper, cardboard, fabric)

drawings by Benoit Bonnemaison-Fitte

police sketchs by

Dominique Ledée, police inspector

box 37x20x26cm

closed book 17,5x25x1cm

open book 25x260cm













                         





































                           








In France, Dominique is the most common name applied to both genders. It is also the twenty seventh most popular name overall. The twenty-seventh most popular surname is Lambert. According to the telephone directory, there are one hundred and ninety-one Dominique Lamberts in France. After collecting various tests on the characterology of the forename Dominique, a letter was sent to each Domnique Lambert requesting that they complete a 'Chinese Portrait' and a personality test. To the sixty-five who replied was then requested a copy of their photographic ID. Twenty copies were received : the twenty Dominique Lambert who form this collection. From the 'Chinese Portraits' received, a 'written portrait' was developed with the assistance of the Advisory Committee for the Description of Dominique Lambert (composed of a psychologist, a statistician, a police inspector, a lawyer and a corporate identity consultant). This text formed the basis of the sketch drawn by the artist Benoit Bonnemaison-Fitte, which was then transformed into photo-fit by Dominique Ledée, police investigator of the Criminal Records. Then, models who resembled the police photo-fit were searched and photographed. A sealed envelope containing the passport photograph of the Dominique Lambert author of the Chinese portrait closes the chain of representation. Each of these steps is accompanied by inevitable loss and creation of data, which results in many interpretations. Yet, states are relying on these methods to represent our identities and formally define a national identity. Rather than criticising, Dominique Lambert wants to question the power of the representation over identity itself. Given the multiplication and the dispersion of the identity of the one hundred ninety-one Dominique Lambert’s, the study of this micro-society arbitrarily defined shows the difference between the investigative work to build identity, its representation, and its reality. So if a logic of control sets “masters of identities”, perhaps it is like when Ubu wanted to be “master of Phynances”... Because there is always something missing, we need to find a way to see, to question clichés as singularities, and invent the society ahead.

Dominique est le prénom mixte le plus donné en France, il est aussi le vingt-septième prénom le plus porté; associé à Lambert, vingt-septième nom de famille également le plus porté. Est ainsi définie comme population d’étude les cent quatre-vingt-onze Dominique Lambert répertoriés dans l’annuaire des particuliers (Pages Blanches, France). Après avoir rassemblé diverses analyses relatives à la caractérologie du prénom Dominique, il est demandé à chacun des Dominique Lambert, par courrier, de réaliser un test de personnalité et de remplir un portrait chinois. À partir de ce dernier, pour les Dominique Lambert ayant répondu, un portrait écrit est élaboré, avec l’aide du Comité Consultatif pour la Description des Dominique Lambert (composé d’un psychologue, un statisticien, un inspecteur de police, un juriste, un consultant en identité visuelle). Ce texte a constitué la base du portrait dessiné par le peintre Benoît Bonnemaison-Fitte. Le portrait dessiné a ensuite été transformé en portrait robot par Dominique Ledée, enquêteur de police de l’Identité Judiciaire. Un modèle présentant une ressemblance évidente avec le portrait robot a ensuite été recherché, dans la réalité, pour être photographié. Une enveloppe cachetée contenant la photographie d’identité du Dominique Lambert auteur du portrait chinois clôt la chaîne des représentations. Dans Dominique Lambert, chaque transmission d’information s’accompagne d’une déperdition et une création de données inévitables, qui deviennent autant d’interprétations. Cependant, les Etats se fondent sur ces méthodes pour représenter nos identités et définir officiellement une identité nationale. Ici, n’y voyons pas une prise de position; Dominique Lambert veut être un questionnement du pouvoir de la représentation sur l’identité même. Au vu de la multiplication, de la dispersion, de l’identité des cent quatre-vingt-onze Dominique Lambert, l’étude de cette microsociété arbitrairement définie manifeste l’écart entre le travail d’investigation pour construire l’identité, sa représentation, sa réalité. Alors, si une logique de contrôle établit des « maîtres des identités », peut-être est-ce un peu à la manière d’Ubu qui voulut être « maître des phynances »… Car toujours quelque chose échappe, à nous de savoir voir, d’interroger les clichés comme les singularités, et d’inventer la société qui vient.

Dominique Lambert, “Die Aussetellung”, Kunst im Tunel, Dusseldorf, 2014

Dominique Lambert, Carré d’Art, Nîmes, Rencontres d’Arles 2016